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Clan Mc Nicoll du Québec
Accueil      La Malbaie 1763      À la recherche de la terre ancestrale
 
À la recherche de la terre ancestrale.
 
« Je suis venu ici pour la première fois en 1761 avec cinq soldats et quelques domestiques canadiennes dont nous avions obtenu les services. Nous demeurions tous dans la même maison. Nos plus proches voisins se trouvaient à plus de dix-huit milles et aucune route ne nous reliait à eux. »
 
Dans cette lettre datée de 1798 et adressée à son ami Hepburn, le colonel John Nairne décrit la situation de sa seigneurie à cette date.
 
Nous savons maintenant que Hugh Blackburn, Georges Thompson et Duncan McNicoll faisaient parti de ces cinq soldats du 78th Fraser Highlander venus s’installer à La Malbaie avec le colonel Nairne.
 
Mais pourquoi Duncan et Kathrine se sont-ils établis ici à La Malbaie dans la seigneurie de Murray Bay ?
 
 
Je n’ai découvert aucun lien pouvant les relier au colonel Nairne. Il n’était pas dans son régiment et lors du dernier rôle déposé par l’armée britannique en septembre 1763,
 
 Duncan et Kathrine ne devaient pas demeurer en terre canadienne !
 
Que s'est-il passé ? Certes à ce moment le couple a déjà 3 enfants : Anne-Agnès née en 1759, Archibald en 1762 et Élisabeth en 1763. L’état de santé de Kathrine l’a-t-elle empêchée de repartir en Écosse ? Ceci demeurera un mystère.
 
Les liens qui uniront Duncan au seigneur Nairne n’étaient et ne seront pas très étroits, non plus. Même lorsque son fils Peter deviendra seigneur à son tour de par son union contestée avec Madie Nairne, les descendants de notre couple ne bénéficieront d'aucun avantage.
 
Même la terre promise par le roi d’Angleterre ne lui sera jamais donnée.
 
On ne peut présumer avec certitude que Duncan et Kathrine sont arrivés avec le colonel Nairne en 1761.  Par contre la naissance de Marguerite en 1764 confirme qu’ils sont bien des habitants de La Malbaie.
 
À cette époque et suivant les droits et les usages des seigneuries françaises, le seigneur ne peut refuser de louer une terre à un censitaire qui en fait la demande.  De plus, la redevance versée audit seigneur n'entre en force que lorsque la terre rapporte.
 
Est-ce pourquoi on ne retrouve pas la trace de la famille
Mc Nicoll avant 1768 ?
 
 
Les livres de la comptabilité de John Nairne mentionnent pour la première fois en 1768, que Duncan Mac Nicle louait une terre de 120 arpents, soit trois arpents de façade par 40 arpents de profondeur. Ceci n'est pas explicitement écrit sur le feuillet mais le seigneur Nairne agissait de cette façon, les terres louées avaient toutes cette configuration.
 
Le loyer est fixé à huit livres du pays.
 
Que vaut la somme de huit livres en dollars d’aujourd’hui ? Impossible de le savoir car à cette époque plusieurs types de monnaie ont cours au Canada : la monnaie de carte de l'ancien régime français, la livre du pays à vingt sols, la livre anglaise, la piastre espagnole, etc. Un système de conversion assez complexe verra le jour. Mais de toute façon les premiers habitants de la seigneurie n’ont pas d'argent sonnant, alors un système de troc est en vigueur.
 
Par exemple, en 1770, pour rembourser sa dette et payer le loyer de la terre qui se chiffre à 23 livres, 6 sols et 5 pences, Duncan paiera de la façon suivante :
 
Ø      Par quatre jours de travail,
Ø      Par le tannage de six peaux de vaches,
Ø      Par un billet signé en faveur de Simon Fraser,
Ø      Par un log (ou setier) d’orge moulue,
Ø      Par deux oies,
Ø      Par l’intérêt sur un billet en faveur de John Nairne,
Ø      Par neuf minots d'avoine,
Ø      Par quatorze minots de blé, livrés à François Lagrange,
Ø      Par un minot d'orge livré à François Lagrange,
Ø      Par quatre minots de pois,
Ø      Par quatre jours de travail calculé au tiers,
Ø      Par deux minots et demi d'orge livrés au bonhomme Poitras,
Ø      Par un demi minot livré à Mme Corneau,
Ø      Par un minot de blé livré à Mme Corneau,
Ø      Par du fromage,
Ø      Par 64 livres de beurre à 6 pences,
Ø      Par argent sonnant : une livre et deux sols,
Ø      Par un billet de sa main en faveur du seigneur Nairne.
 
 
Cette façon de faire a tout de même la qualité de nous faire voir que la terre de Duncan est cultivée, rapporte différentes sortes de fourrage et que le bétail est diversifié.
 
Je ne pourrai jamais situer cette parcelle de terre louée, car elle n’a jamais été identifiée dans les livres comptables de John Nairne.
 
Finalement en 1773 une simple phrase écrite dans ce même livre ouvre la porte à la découverte de la terre ancestrale :
 
3 juillet 1773 : pour le loyer et la rente de la terre qu’il a achetée d'Augustin Gagnon, 4 livres, 3 sols et 4 pences à un taux d’intérêt de 8 %.
 
 
Enfin une piste !
 
J’ai trouvé dans le minutier du notaire A. Panet, l’acte de vente en date du 3 juillet 1773.
 
« Vente par Augustin Gagnon à Duncan Mac Nicle acceptant pour lui John Nairne Écuyer. »
 
« Une terre de trois arpents de front (600 pieds) par 40 arpents de profondeur (8,000 pieds), située au premier rang des terres dudit lieu de la Mal Baye, bornée par-devant à la rivière Murray, par-derrière au bout desdits 40 arpents, d’un côté au nord-ouest à la terre de Jean Gagnon et de l’autre côté au sud-est par la terre de Jean Bilodeau. Ladite terre ne comporte actuellement aucun bâtiment. »[5]
 
Autre description de la terre :
le 30 juin 1786, testament de Duncan :
 
« Une terre de trois arpents de front (600 pieds de large) par 40 arpents de profondeur, située au premier rang des terres dudit lieu de la Mal Baye, bornée par-devant à la rivière Murray, par-derrière au bout desdits 40 arpents, d’un côté au nord-ouest à la terre de Jean-Marie Malteste et de l’autre côté au sud-est par la terre de Antoine Marié. » [6]
 
 
le 30 juin 1812, donation de son vivant d’Archibald à Thomas :
(un bijou à lire)
 
« Une terre de trois arpents de front (600 pieds de large) par 40 arpents de profondeur, située au premier rang des terres dudit lieu de la Mal Baye, bornée par-devant à la rivière Murray, par-derrière au bout desdits 40 arpents, d’un côté au nord à la terre de François Maltest et de l’autre côté au sud par la terre de Joseph Debien. »[7]
 
Pour démêler le tout je devais soumettre ces informations à un expert. J’ai fait appel à M. Christian Harvey de la Société d’histoire de Charlevoix, dont voici la conclusion :
 
 
  
 
Finalement la terre ancestrale est retrouvée.
 
Il pourra toujours subsister un petit doute car les terres n’étaient pas obligatoirement enregistrées avant 1830.
De plus, Thomas McNicoll, le fils aîné d’Archibald vendit la terre vers les années 1815 probablement à Hypollite Tremblay, pour participer à la colonisation du Saguenay.
 
Voici la carte tirée du cadastre abrégé de 1858.
 
 
La terre de Duncan et de Kathrine se situe à la limite de La Malbaie plus précisément au numéro civique 2445 boulevard de Comporté.
 
 
 
La terre est coupée en deux par le boulevard. La maison ancestrale était située du côté de la rivière (telle que visible sur le plan). On a conservé le haut de la terre comme terre à bois.
 
En ce samedi matin du 2 juin 2007, moi, un Archy et Louis McNicoll,  un Sandy avons marché toute la terre, accompagnés de M. Gilbert Dufour qui nous a si gentiment permis de venir fouler la terre de nos ancêtres.
 
On se demandait pourquoi Duncan était allé s’établir si loin du village de La Malbaie, mais à la vue de sa terre, nous avons compris qu’il avait choisi la plus belle terre cultivable disponible.
 
Maintenant vous savez où sont vos racines.
 
 
 
 
  
 
  
 

[1] Aquarel de Jeffreys
[2] Fonds John et Thomas Nairne, Archives nationales, Ottawa
[3] Fonds John et Thomas Nairne, Archives nationales Canada, Ottawa.
[4] Fonds John et Thomas Nairne, Archives nationales Canada, Ottawa.
[5] Archives nationales du Québec, notaire A. Panet.
[6] Dépôt du testament de Duncan par le notaire B. Faribault, Archives nationales du Québec
[7] Archives nationales du Québec, notaire I. Lévesque.
[8] Terres de la Seigneurie de Murray Bay, cadastre abrégé 1858, éditions Charlevoix, ISBN 2-922420-04-3
[9] Fonds John et Thomas Nairne, Archives nationales du Canada, Ottawa.
[10] Photo Guy Mc Nicoll.

 

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