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Collaboration spéciale : Céline E. Colgan
L'Écosse
médiévale et du Moyen Âge
La présence anglo-normande
Les deux cent vingt-huit années qui s’écoulent, depuis l’avènement de Malcolm III (1058) jusqu’à la mort de Alexandre III (1286), sont essentielles dans l’histoire de l’Écosse. Le pays acquiert la physionomie qui sera sienne jusqu’à la fin du Moyen Âge.
Pour la première fois, de façon nette et précise, se pose le problème qui dominera le destin de l’Écosse jusqu’à nos jours.
L’Écosse sera-t-elle indépendante ou vassale de l’Angleterre, sa voisine ?
Edgar, monté sur le trône écossais avec l’aide d’une armée anglaise, était le premier de sa dynastie à porter un nom anglais. À l’inverse de son père Malcolm, il resta fidèle à l’alliance anglaise et la paix régna au Sud pendant les dix ans de son règne (1097-1107). Il était entouré d’une cour où les coutumes anglo-normandes commençaient à prendre le pas sur les anciennes mœurs celtiques.
Alexander I né en 1077- règne de1107-24
En 1107, Alexander succéda à son frère sur le trône d’Écosse, laissant l’Argyll, Ross et Morat aux Vikings.
N’ayant pas eu d’enfant de sa femme Sibylle, Alexander 1 er eut pour successeur son jeune frère David qui devint, à son tour roi d’Écosse en 1124. Il restructure la nouvelle Église et la société sur un modèle féodal inspiré des systèmes anglais et continentaux. Le règne de David 1 er s’accompagna d’une forte anglicisation car, en accédant au pouvoir, le nouveau roi qui avait grandi en Angleterre comme ses frères et qui était en fait premier baron du royaume distribua de vastes territoires à ses amis et alliés anglo-normands.
David I né en 1080 – règne de 1124-53
Parmi eux figuraient Walter FitzAlan, son « high steward « (grand sénéchal), originaire de Dol de Bretagne et ancêtre des Stewart. De Brus géniteur des Bruce, de Bailleul ou Baliol et, enfin, de Comines ou Comyn). FitzAlan, comme les autres, était arrivé en Écosse avec le roi David, et ses descendants (portant le patronyme de Stewart) grâce à quelques mariages habiles avec des héritières celtes, s’établirent en Écosse et s’enrichirent. Les Stewart, les Comyn, les Baliol et les Bruce tissèrent des liens avec la maison royale ainsi qu’entre eux.
Il restructure la nouvelle Église et la société sur un modèle féodal inspiré des systèmes anglais et continentaux. C’est ainsi qu’un nouveau système féodal, fondé sur une noblesse francophone et anglo-normande remplaça les vieilles traditions celtiques.
En revanche dans les Highlands, l’ancien ordre persistait et les ordonnances royales n’avaient que peu d’écho. Cette région, indépendante en principe du royaume d’Écosse, était gouvernée par sa propre lignée de Mormaers (comtes celtes). C’est d’ailleurs d’eux que MacBeth était issu. Ces chefs locaux défendirent leur province contre les incursions des rois écossais et des envahisseurs vikings.
À cette époque, le Mormaer du Moray (comte de Moray) qui s’appelait Angus, petit-fils de la reine de Gruoch (Lady MacBeth ), avait le droit de prétendre comme les autres au trône d’Écosse. Vous vous doutez bien que cette situation fut source de conflits. Il y eut un soulèvement dans le Moray en 1130, il coûta la vie à quatre mille hommes de Moray, y compris le roi Angus. Ayant remporté la victoire et éliminé Angus, le roi David fut bienveillant envers Malcolm, frère cadet d’Angus, il fut nommé, comte de Ross, tandis qu’il donna à son fils le titre de comte de Fife.
Les comtes de Fife étaient également les chefs de Clan Duff ou MacDuff, considéré par certains comme le premier clan d’Écosse. Lorsque le roi David 1er s’éteignit, en 1153, ses deux fils Henry et Malcolm l’avaient précédé dans la mort, ce fut son petit-fils Malcolm, âgé de douze ans, qui lui succéda sous le nom de Malcolm IV ou Malcolm le Puceau.
Malcolm IV – règne de 1153-1165
Les celtes de Moray en profitèrent pour se soulever une nouvelle fois contre
la Couronne
écossaise. Il fallut trois ans pour les réprimer. On installa donc, dans le Moray, des sujets plus loyaux. Le peuple de Moray reçût, lors de la dernière rébellion, le soutien de Somhairle ou Somerled, mi-celte mi-viking, qui se prétendait être roi de Morvern, du Lochaber, de l’Argyll et des Hébrides du Sud. Comme les Celtes, Somerled, descendant de Fergus, l’un des trois princes de
la Dalriada
, n’hésitait pas à manifester son indépendance face à la famille royale d’Écosse. Somerled est reconnu Lord of the Isles, en d’autres termes, roi des Gaëls (son petit-fils Donald donnera son nom au célèbre Clan Mac Donald). Il se déclara maître de la région et retira son aide aux gens de Moray, il concentra ses forces pour repousser les Vikings et en 1156 défit Godfred, roi de Man et frère de sa femme Ragnhild.
Il ne manifesta pas plus de respect pour Malcolm IV que pour les autres, il s’empara des îles d’Arran et de Bute, positions stratégiques et en 1164 mit à sac la ville de Glasgow. Ce fut son chant du cygne, car il rencontra l’armée royale conduite par Walter FiztAlan, grand sénéchal d’Écosse, subit une cuisante défaite et fut tué, poignardé sous sa tente, par un traître.
Malcolm IV d’Écosse, qui ne s’était pas marié et y avait gagné le surnom pittoresque de Maiden (puceau), mourut le 9 décembre 1165, il avait 24 ans. Son frère cadet, âgé de 22 ans, William (Guillaume le Lion), lui succéda en 1165. Après ses débuts orageux, il parvint à normaliser ses relations avec l’Angleterre. Le roi Guillaume jouissait à la fin de sa vie, dans l’Europe de son temps, d’un prestige sans proportion avec l’importance militaire ou économique de son royaume. Cependant, à l’intérieur de l’Écosse, il éprouvait autant de peine que ses prédécesseurs à imposer son autorité aux seigneurs et chefs de clans des hautes terres et des îles. De 1181 à sa mort il dût combattre les rébellions dans les comtés de Ross et de Moray, des Orcades et de Caithness.
Guillaume 1er né en 1143 - règne de 1165-1214
Après le long règne de Guillaume, l’Écosse eut la chance d’en connaître un nouveau de trente-cinq ans, garantie de stabilité essentielle en ce temps et en ce pays ; mais ce fut loin d’être une période de paix, à l’extérieur comme à l’intérieur
Carte des mormaerdom et autres seigneuries
dans l'Écosse médiévale vers 1230
Alexandre II né en 1198 – règne de 1214-1249
Alexandre II (1214-1249) né tardivement en 1198, n’avait jamais, à la différence de son père, vécu en Angleterre. Il n’éprouvait aucune sympathie pour le roi Jean ainsi il n’eut aucune hésitation à se joindre à la grande rébellion des barons d’Angleterre, qui amena Jean à souscrire à la célèbre grande Charte (Magna Carta de 1215) par laquelle il cédait sur presque tous les points en litige et acceptait une substantielle limitation du pouvoir royal (une des bases, de nos jours encore, de la « constitution » britannique). Dans ce document, Jean s’engageait à agir à l’égard du roi d’Écosse, comme envers ses barons, et à le délier des serments, jadis prêtés par son père le roi Guillaume, c’est-à-dire du traité de la Falaise (suite à la défaite du roi Guillaume le 13 juillet 1174 pour conquérir le comté de Northumberland, il fut transféré en vassal félon par le roi Jean en Normandie au château de Falaise où il demeura prisonnier durant quatre mois. Désespérant retrouver sa liberté, il se résigna à signer un traité dans lequel il se proclamait vassal du roi d’Angleterre pour l’Écosse et toutes ses autres terres et reconnaissait l’autorité de l’archevêque d’York sur tous les évêques et abbés d’Écosse).
Les relations anglo-écossaises étaient donc revenues sinon au beau fixe, du moins au calme, grâce à la bonne volonté des deux partenaires. Alexandre II laissait, en mourant, un fils unique âgé de huit ans, de sa seconde épouse Marie de Coucy.
Pendant des siècles, les Hébrides avaient été une pomme de discorde entre Écossais et Vikings mais les belles années de ces derniers touchaient à leur fin.
Alexandre III né en 1241- règne de 1249-1286
En 1249, après son accession au trône d’Écosse, Alexandre III, petit-fils de Guillaume le Lion lança une succession de coups de main contre les Hébrides, toujours en possession des Vikings. En représailles, le roi Haakon de Norvège fit voile vers l’Écosse au cours de l’été 1263 avec une flotte puissante . Alexandre III entama intelligemment, comme ses ancêtres, les négociations avec l’ennemi et il retarda l’affrontement jusqu’en octobre. Comme il l’avait escompté, la bise s’abattit sur la flotte d’Haakon qui avait jeté l’ancre dans le Firth of Clyde et provoqua de sérieux dégâts. Les Norvégiens furent vaincus et battirent en retraite.
Haakon mourut à Kirkwall dans les Orcades au cours du trajet de retour et son fils, Magnus, signa un traité de paix qui rendit les Hébrides Intérieures et Extérieures à l’Écosse. Par contre, les Orcades et les Shetlands sont restés pendant deux siècles la propriété des Norvégiens.
Les Hébrides et une partie importante de la côte écossaise restèrent des principautés autonomes, sous l’autorité des MacDougall de Lorne et des MacDonald d’Islay qui ne se souciaient pas plus des maîtres écossais que des maîtres norvégiens. À la cour du Lord of the Isles, on parle le gaélique; les arts celtes fleurissent et les vieilles traditions de Dalriada se perpétuent dans les abbayes, les prieurés et les couvents. Étudiants, poètes, musiciens, restent en liens étroits avec l’Irlande. Les soldats gaéliques sont fort appréciés pour leur courage et leur expérience; ils constituent l’aide indispensable pour repousser l’avance des Anglo-Saxons en Irlande. Les joueurs de harpe et de cornemuse sont membres de la cour des Lords of the Isles, tout comme les poètes
.
Clan Skene MacDonald des Îles Clan Robertson
En 1286, Alexandre III périt à la suite d’une chute à cheval. Son temps devait demeurer, dans la mémoire des Écossais, comme celui du bonheur et de la prospérité :
Quand Alexandre notre roi régnait, l’Écosse vivait dans la paix et la joie, nul ne manquait de bière ni de pain, de vin, de cire, de gibier et de gaîté….
La mort d’Alexandre III, ouvrait pour son pays, l’ère des pires épreuves qu’il eût jusqu’alors à subir. L’Écosse fut de nouveau en proie au chaos.
Perte et reconquête de l’indépendance
Alexandre III disparu prématurément, son héritière, la petite Marguerite, âgée de deux ans et qu’on prénommait la « pucelle de Norvège », fut aussitôt proclamée reine par les états réunis en hâte à Scone. Il s’écoulera un long moment avant qu’elle traverse la mer pour rejoindre son nouveau royaume et un temps encore plus long avant qu’elle soit en âge de se marier et de donner un roi à l’Écosse.
Il fallait donc assurer la bonne marche du pays. Plutôt que de désigner un régent (dont le choix aurait été à toute fin impossible), les états recoururent à une solution conforme aux mœurs féodales en nommant six gardiens (custodes) pour, conjointement, administrer le royaume : deux évêques (William Fraser de St-Andrews, Robert Wishart de Glasgow), deux comtes (Duncan de Fife, Alexander Comyn du Buchan), deux barons (John Comyn de Badenoch, James Stewart). Mais aux yeux de tous se profilait déjà la possibilité d’une nouvelle succession, la vie d’une enfant de deux ans étant bien fragile à cette époque.
Plusieurs seigneurs écossais pouvaient se rattacher à la famille royale issue de Malcolm Canmore. Sans même attendre l’arrivée de la petite reine, deux d’entre eux firent connaître leur prétention à son éventuelle succession : Robert Bruce et John Balliol.
On ne sait pas exactement quelle était l’intention des gardiens d’Écosse lorsque, au printemps 1287, ils envoyèrent au roi d’Angleterre trois ambassadeurs pour lui demander d’intervenir dans leur pays afin de les aider à maintenir l’ordre. Il est possible qu’ils considéraient simplement Edouard 1 er comme une sorte de tuteur naturel de la petite reine puisqu’il était son grand-oncle. Par malchance pour eux, Édouard 1 er (roi d’Angleterre) voudrait bien assurer sa souveraineté sur l’Écosse et n’était pas disposé à laisser passer une occasion pareille.
Édouard 1er d’Angleterre
À la suite d’une querelle de succession, il propose d’unir les deux couronnes anglaise et écossaise en mariant son fils à la jeune reine d’Écosse. Margaret, petite-fille et héritière putative d’Alexandre, était l’enfant du roi de Norvège. Il fut convenu qu’elle épouserait l’héritier du trône d’Angleterre, Édouard II, et ainsi unir les deux Couronnes. La reine, âgée de six ans, quitta
la Norvège.
Elle
débarqua, malade, à Kirkwall dans les Orcades et y mourut dans les derniers jours de septembre 1290.
Margaret née en 1283 - règne 1286-1290
Avec elle, la vieille lignée des rois celtes s’éteignait, ouvrant la succession à plusieurs candidats liés par le sang ou par mariage à la maison royale.
Aussitôt connue la triste nouvelle, les factions se déchaînèrent. Les deux prétendants les plus sérieux étaient Robert Bruce, qui réunit ses forces et proclama son intention de s’installer sur le trône, par la force si besoin était et John Balliol. À la mort de la pucelle de Norvège, seule et unique héritière royale directe, Édouard 1 er d’Angleterre contribue largement au choix de nouveau souverain parmi les nombreux prétendants au trône. S’attribuant la suzeraineté sur l’Écosse, Édouard tranche lui-même en faveur de John Balliol, le prétendant qui lui semble le plus anglophile, évidemment.
John Balliol
John Balliol fut proclamé roi par Édouard 1er, en présence du Parlement réuni à Berwick le 17 novembre 1292. Il prêta aussitôt serment de fidélité à Édouard, après quoi il fut intronisé à Scone selon le rite ancestral. Le roi d’Écosse était bien le féal du roi d’Angleterre, avec toutes les obligations que le droit féodal attachait à cette vassalité (obligation de suivre le suzerain à la guerre, interdiction de s’allier aux ennemis du suzerain ou de se marier sans l’accord de celui-ci). Mais d’un autre côté, en droit féodal, le suzerain avait aussi des devoirs envers son vassal. Tout au long des années 1293 et 1294 Édouard 1er a délibérément voulu marquer sa suzeraineté par des gestes spectaculaires. Le roi d’Écosse allait être appelé à subir des rebuffades et des humiliations.
En même temps qu’il s’efforçait de subjuguer l’Écosse, en vertu de son droit de suzerain, le roi d’Angleterre se trouvait, en tant que duc de Guyenne, en butte aux mêmes prétentions de la part de son propre suzerain le roi de France. Édouard ne voulait pas de conflit avec le roi de France mais en 1294, une guerre franco-anglaise risquait fort de se conclure par la disparition du dernier fief anglais en France. C’est dans ces circonstances que des négociations se nouèrent entre
la France
et le gouvernement écossais et la conclusion d’un traité en 1296 avec les Français. Ce traité, qui fut ratifié en Écosse, est traditionnellement considéré comme l’acte fondateur de
la Vieille
alliance franco-écossaise (the auld alliance) qui devait tenir une si grande place dans l’histoire des deux pays.
Il faut bien constater que l’unique résultat immédiat fut d’attiser la colère d’Édouard 1 er et la ruine de John Balliol. Édouard entreprend la première série de campagnes de pacification. De Dunbar à Kildrummy, les forteresses tombent une à une. Très vite l’Écosse étouffe sous le joug anglais car Édouard considère désormais cette monarchie comme un fief dépendant de sa couronne, et il n’a de cesse que d’anéantir tout ce qui pourrait nuire à sa volonté de faire de l’Écosse une terre anglaise. S’ouvre alors une période de guerres intermittentes. Balliol tente bien de résister, mais trop tard : il est fait prisonnier, emmené à
la Tour
de Londres.
Carte indiquant les différentes batailles
1. Inverurie 1307 2. Methven 1306
3.
Pass
of
Brander
1307 4. Dalry 1306
5. Dupplin moor 1332 6.
Stirling
Bridge
1297
7.
Bannockburn
1314 8.
Falkirk
1298
9.
Dunbar
1296 10. Loudon hill 1307
William Wallace
Les années de lutte pour s’affranchir du joug anglais vont permettre au pays de se forger une identité nationale. On voit naître des héros. Un chevalier inconnu, William Wallace (1270-1305) après avoir pris la tête de la révolte populaire organise bientôt un mouvement de résistance qui se concrétise par une victoire au pont de Stirling en 1297. Devenu Gardien du royaume au nom de Balliol, il est capturé en 1305 et emmené à Londres pour y être exécuté avec tout le raffinement possible de barbarie réservé au châtiment des traîtres le 23 août 1305.
Après ce bref sursaut national conduit par Wallace, le gouvernement anglais se rétablit sans beaucoup de résistance. Édouard décide alors de porter un grand coup à la monarchie écossaise : il fait transporter en Angleterre la fameuse pierre de Scone.
Pierre de Scone
Un couronnement sans cette pierre symbolique, c’est comme une cérémonie sans mystique, un roi sans pouvoir… Mais l’Écosse humiliée, écorchée, se ravise. Elle ne cherche plus un monarque; elle a besoin d’un homme fort, capable de regrouper tous les nationalistes pour foutre les Anglais hors de chez elle; un homme de sang royal, serait le bienvenu, pour s’imposer aux nobles.
Robert Bruce
C’est alors qu’apparaît Robert Bruce (1274-1329), petit-fils de l’un des compétiteurs entre lesquels Édouard avait tranché et qui pouvait légitimement prétendre au trône. Il se heurte d’abord à John Comyn, fils de l’un des autres compétiteurs et représentant les droits des Baliol. Après le meurtre de celui-ci Bruce, sans « pierre », ni couronne, car elle a été volée par Édouard 1 er, se proclame roi à Scone en 1306. La royauté écossaise est restaurée. Bruce entreprend la chasse aux Anglais, la lutte pour conserver le pouvoir sera longue et pénible, victoires et défaites se succèdent autant pour les Anglais que pour les Écossais. C’est également durant le règne de Bruce qu’entre dans la légende le nom de « Black Douglas », c’est-à-dire James Douglas (1286-1330), l’un des fidèles lieutenants de Bruce. Une fille de Robert Bruce donnera naissance à la dynastie des Stewart.
Bruce impose progressivement la soumission aux différents fiefs et lairds, réussit même à obtenir l’allégeance d’Angus Og, fils naturel du quatrième seigneur des îles.
Bataille de Bannockburn 1314
La victoire décisive de Bannockburn en 1314 fut cruciale dans le processus d’indépendance de l'Écosse, même si la reconnaissance formelle de celle-ci n’intervint que huit ans après la déclaration d’Arbroath en 1320.
Bruce réussit ensuite à obtenir de l’Angleterre qu’elle signe un traité reconnaissant l’indépendance de l’Écosse avec la signature en 1328 du traité de Northampton. Jusqu’à sa mort, il s’emploie à reconstruire son pays; il met en place le premier Parlement écossais. Robert Bruce mourut en 1329, victime de la lèpre, maladie qu’il considérait comme un châtiment divin pour la mort de Red Comyn. En vingt ans, Bruce avait donné au peuple écossais le sentiment d’appartenir à une nation. Malheureusement, une bonne partie de son œuvre politique fut défaite par des années troubles qui suivirent sa mort. L’Écosse salue toujours en lui le génie national; c’est aujourd’hui un de ses héros préférés. Après Bruce, le sort de la royauté semble, à plusieurs reprises, incertain; les rois qui lui succèdent n’ont souvent pas assez d’envergure pour inventer les remèdes à tous les maux qui vont ravager le pays; la peste qui décime des populations entières, la corruption de l’Église qui précipite
la Réforme
et les guerres de Religion.
Son fils de cinq ans, David II (1324-1371), ayant été couronné et qui, vu son jeune âge, ne pouvait gouverner, la régence fut assumée par son neveu et ancien compagnon d’armes, Thomas Randolph, comte de Moray. En 1332, plusieurs nobles écossais déshérités par le roi Robert Bruce 1 er se rassemblèrent autour d’Édouard (fils du vieux John Baliol). Avec le soutien des Anglais, il marcha sur Perth, Moray avança à leur rencontre mais mourut avant la bataille.
Bataille de Dupplin moor
La régence passa donc aux mains d’un autre neveu de Robert Bruce 1er, Donald, comte de Mar, qui fut battu et tué à Dupplin Moor dans le Perthshire. Édouard Balliol fut couronné à Scone. Le nouveau souverain fut promptement chassé de l’autre côté de la frontière, en chemise et chaussé d’une seule botte.
David II
En raison des troubles qui agitaient l’Écosse, on expédia le petit David II en sûreté en France, et le petit-fils de Robert Bruce 1er, Robert Stewart, âgé de dix-sept ans, fut nommé régent. Il prôna la résistance et en 1339, avec l’aide des Français, s’empara de Perth et débarrassa l’Écosse des Anglais l’année suivante. En 1341, Robert Stewart crut que le moment était venu de rappeler de France son jeune oncle David. Tout au long de son règne David, qui n’avait pas hérité des qualités militaires de son père le grand Robert Bruce, souffrit de cette comparaison. David s’éteignit sans héritier en 1371.
(Stuart)...
Stewart (Stuart), longue lignée de souverains, qui régnèrent sur l'Écosse (1371-1714) et sur l'Angleterre (1603-1714), famille remarquable par son intelligence et sa finesse mais marquée par le destin. Avant de nous aventurer plus profondément dans l’histoire des monarques écossais, prenons un petit moment pour faire un léger retour en arrière afin d’y découvrir la provenance du nom Stewart (Stuart).
Son origine remonte au chef normand Alan Fitzflaald (Alan Dapifer dit Fitz Flaald – signifiant fils de Flaald Dapifer). Comme vous pourrez le constater, il était d’usage courant à cette époque de prendre le prénom du père et d’y ajouter le préfixe de Fitz signifiant fils de pour nommer les descendants d’où le nom des enfants FitzAlan (fils de d'Alan Fitzflaad). – William FitzAlan (son fils aîné, restera en Angleterre où il fondera les maisons des comtes d’Arundel et des ducs de Norfolk- tandis que le fils cadet, Walter FitzAlan servira David 1 er, roi d’Écosse, qui lui donnera le titre de steward (signifiant sénéchal d’Écosse) qui servira de patronyme ultérieurement à la famille. C’est vers 1560 que Mary, reine d’Écosse, donnera le nom de STUART à sa Maison, nom qui fut pris par plusieurs membres de la famille.
Premier roi d’Écosse de la dynastie des Stewart à être couronné
Robert II
À la mort de David II, la couronne passa à l’ancien régent Robert Stewart (1316 –1390), petit-fils de Robert Bruce 1er. Robert II donnera naissance à la dynastie des Stewart qui deviendra Stuart après le séjour de Marie en France.
Il se révéla un roi faible et son règne fut sans cesse troublé par les querelles incessantes des grands nobles dans les Highlands et les Lowlands.
Robert III (1340 –1406)
Son fils, Robert III (1340 –1406), qui accéda au trône dix-neuf ans plus tard, ne s’en tira guère mieux : plein de bonne volonté mais infirme (il devient invalide en 1387 à la suite d'un accident de cheval), il finit par abdiquer en 1399. Des régents se succédèrent, notamment son demi-frère, homme capable et ambitieux, Robert Stewart, duc d’Albany.
En 1406, sept ans après le retrait du roi Robert III, craignant pour la vie de son fils et héritier Jacques 1 er, il tint le garçon caché à Dirleton Castle en vue de lui faire secrètement quitter le pays vers
la France.
Jacques
eut le malheur de tomber entre les mains des Anglais. À la suite de la capture de son fils, Robert III mourut de chagrin. Il demanda à être enterré sous un monticule de déjections avec comme épitaphe: Ici repose le pire des Rois et le plus malheureux des hommes.
Jacques 1er
Le nouveau monarque, devenu roi sous le nom de Jacques 1er, passa dix-huit ans de son règne prisonnier des Anglais, tandis que son oncle Robert d’Albany restait régent. Robert II avait de nombreux fils, légitimes ou non, dont le plus compétent était, de loin, Albany, qui fut régent sous la majeure partie des trois règnes; celui de son père Robert II, de son frère Robert III, et de son neveu Jacques 1 er. N’étant guère pressé de voir la fin de la régence, cet homme dur et ambitieux faisait, disait-on, traîner délibérément les négociations avec les Anglais pour la libération de son neveu Jacques 1 er.
Jacques 1 er prend les rênes du pouvoir en 1424, ayant enfin récupéré son héritage, il affirma son autorité en imposant d’importantes réformes juridiques en prenant des mesures draconiennes pour rétablir l’ordre et soutient la première université. « Si Dieu ne m’accorde qu’une vie de chien, confia-t-il un jour, je ferai en sorte que la clé garde le château et la fougère la vache », ce qui voulait dire que le nouveau souverain était pour prendre les choses bien en main. Mais avant tout, il donne libre cours à sa haine pour la maison d’Albany, surtout envers son oncle Robert qui fut régent durant toute la période de sa détention en Angleterre, en décrétant l’exécution de plusieurs membres à Stirling.
Un roi aussi compétent et actif que Jacques Ier n’avait pas que des amis. En février 1437, il fut brutalement assassiné par plusieurs de ses ennemis à Perth en présence de la reine. Les assassins ne purent recueillir le fruit de leur forfait car le fils du roi, âgé de six ans, lui succéda immédiatement, tandis que la reine Joan veilla à ce que le sort des assassins fût pire que celui de la victime.
Après avoir été torturé en public pendant trois jours durant, le comte d’Atholl eut le front ceint, sur instructions de la reine, d’une couronne chauffée au rouge pour le punir de ses ambitions royales. Son petit-fils connut un sort à peine plus clément. Quant à Robert Graham, qui croyait échapper à son destin en fuyant, il fut traqué et pris par Robert le Bon grisonnant de Struan, quatrième chef du clan Donnachaidh et ancêtre éponyme des Robertson de Struan, qui le remit enchaîné à la reine pour qu’il subisse le sort qu’elle lui avait réservé.
Jacques II d'Écosse, (Seumas II en gaélique écossais), (1430 -1460)
Jacques II avait six ans à peine à la mort de son père. Puisque Jacques II n’était pas apte à gouverner étant donné son âge, le nouveau régent nommé fut le très puissant comte de Douglas. Lorsque celui-ci mourut en 1439 il laissa derrière lui deux jeunes enfants. Tout le monde sait que lorsque le patriarche décède le titre de comte passe au fils aîné.
Donc, William Crichton, tenant en fief le château d’Édimbourg, succéda au comte de Douglas. Crichton, désireux de mettre fin au pouvoir des Douglas, invita le jeune comte, alors âgé de quatorze ans, et son frère à un dîner avec le jeune roi Jacques II dans la grande salle du château. Puis ayant déposé devant eux une tête de taureau noir symbolisant la mort, il assassina les deux enfants Douglas. Le « dîner noir » de Crichton n’eut pas tout à fait l’effet escompté. Le pouvoir en Écosse était une chose âprement disputé.
En 1446, lorsque le roi Jacques II, âgé de seize ans, accéda enfin au pouvoir. Trois hommes avaient formé une alliance plutôt inquiétante dont le huitième comte de Douglas, cousin des enfants assassinés par Crichton alors régent d’Écosse et dont les relations avec les Anglais étaient bien connues. Presque aussi intelligent et astucieux que son père, le jeune roi chercha d’abord à se concilier Douglas. Celui-ci repoussa ses avances. Finalement en 1452, Jacques, à bout de patience, organisa un second dîner noir. Il donna un sauf-conduit à Douglas pour qu’il vînt dîner avec lui à Stirling Castle puis, au cours du dîner, le poignarda de sa main. Pour ne rien laisser au hasard, un serviteur l’acheva à la hache. « Le comte de Douglas, conclut le Parlement, s’est rendu coupable de sa propre mort en résistant aux tentatives de persuasion du roi par la douceur. »
À la mort de Jacques II, la couronne d’Écosse échut de nouveau à un enfant, Jacques III qui n’avait que neuf ans.
Jacques III d'Écosse, (Seumas III en gaélique écossais)
né en 1452, roi d'Écosse de 1460 à 1488.
Il accède au trône après la mort de Jacques II au siège de Roxburgh. Il reçoit les Orcades et les Shetlands du roi Christian de Norvège dont il épouse la fille Marguerite.
À l’époque de l’invasion des Vikings, ils s’approprièrent les Orcades et les îles Shetland qu’ils restituèrent à l’Écosse lors du mariage de Jacques II et de Marguerite.
Jacques III, qu’on avait pris au début de son règne pour un homme d’action, ne se montra pas à la hauteur et, jusqu’à la fin son règne fut en butte aux complots et aux intrigues. Tous s’acharnaient contre lui; les hommes des îles, les Anglais, ses propres frères, Albany et Mar, et même Archibald Douglas, comte d’Angus, chef des Red Douglas qui constituaient une véritable menace pour la couronne. L’autorité royale en fut considérablement ébranlée. Aussi, le chef des Campbell, le comte Colin d’Argyll, bien que chancelier d’Écosse, lieutenant royal pour l’Ouest et maître de
la Maison
royale, se joignit à Douglas, comte d’Angus, aux Home et aux Hepburn pour renverser le roi. Jacques III fut tué le 11 juin 1488 dans la confusion qui suivant la bataille contre les rebelles, à Saucheiburn, près de Stirling (on raconte qu’il fut probablement poignardé par Stirling de Keir déguisé en prêtre).
Jacques IV
De 1488-1513, règne de Jacques IV qui accède au trône après la mort de son père Il est aussi à noter qu'il fut le dernier roi écossais à parler le gaélique. À la cour de Jacques IV, des factions pro-françaises et pro-anglaises s’activaient en coulisse. Le souverain écossais avait épousé en 1503 à Holyrood, et dans le plus grand faste, Margaret Tudor, fille de Henri VII d’Angleterre alors âgé de quinze ans, et signé avec le père un traité de paix perpétuelle, le premier depuis 1328.
La Vieille Alliance
de l’Écosse avec
la France
fut renouvelée en 1512. Ainsi lorsque, l’année suivante, Louis XII demanda l’aide du roi d’Écosse. Jacques IV envoya un ultimatum à Henri VIII, arrivé au pouvoir, qui lui répondit sans ambages qu’il se considérait lui-même comme « le véritable maître de l’Écosse ». En guise de réponse, Jacques IV envahit l’Angleterre, car l’avenir du royaume indépendant d’Écosse était en jeu. Le 9 septembre 1513, les armées écossaise et anglaise s’affrontèrent à Flodden où, en quelques heures, l’armée écossaise fut anéantie et le roi tué. Il laissait derrière lui son fils Jacques V, à peine âgé d’un an.
Jacques V (Seumas V en gaélique écossais ou James V en anglais 1512-1542)
Jacques V mort au Palais de Falkland. Il fut, avec son père, l’un des derniers rois d’Écosse à s’exprimer en gaélique, sa langue maternelle. Jacques V, encore enfant, tomba entre les mains de factions rivales tandis que les régents régnaient à sa place. La régence fut confiée à Jean d'Albany jusqu'en 1524. Sa mère Margaret Tudor se remaria avec Red Douglas, comte d’Angus, chef du prétendu parti anglais qui complotait avec son beau-frère Henri VIII pour enlever le jeune roi et l’expédier en Angleterre. En 1528, à l’âge de seize ans, le jeune homme, qui détestait son beau-père, parvint à s’échapper et à atteindre Stirling. « Je jure, déclara-t-il, de faire en sorte que l’Écosse soit trop petite pour nous deux» et il tint parole.
L’indépendance une fois affirmée, l’autorité royale est toutefois battue en brèche par les seigneurs féodaux et l’intrigue; des luttes sanglantes opposent les chefs de clans, mais le pouvoir royal prévaut. Le XVe siècle voit l’affrontement de deux clans puissants, les Albany et les Douglas. Les Écossais soutiennent
la France
dans sa rivalité avec l’Angleterre ; la « vieille alliance » se forge.
La guerre éclata avec l'Angleterre de Henri VIII. Jacques V fut défait à Solway Moss, et mourut quelques jours plus tard, le 14 décembre 1542.
Le destin de l’Écosse bascule sous le règne de Marie Stuart, dont la vie est une véritable tragédie.
Marie Stuart
Fille héritière du roi Jacques V, elle n’est âgée que d’une semaine lorsque son père meurt. Aussitôt, elle est proclamée reine d’Écosse (1542-1567), puis envoyée à la cour de France. Élevée en France, Marie aura un règne difficile. En 1559, elle devient reine de France. Rentrée dans son pays à l’âge de dix-huit ans et déjà veuve du dauphin de France, elle ne sera reine d’Écosse que durant six années.
En juillet 1567, elle fut contrainte d’abdiquer en faveur de son fils, Jacques VI, âgé seulement d'un an. Elle passera dix-huit ans en captivité avant d’être exécutée sur l’ordre de sa cousine Élisabeth 1 ère d’Angleterre à Fotheringay en 1587.
Jacques VI d’Écosse (Jacques 1er d’Angleterre)
De 1567-1625, règne de Jacques VI d’Écosse (Jacques 1er d’Angleterre) fils de Marie, depuis 36 ans sur l’Écosse quand il hérite du trône d’Angleterre. Union des deux couronnes en 1603, il transporte sa Cour à Londres, mettant définitivement fin à la présence du souverain en Écosse. Le pays conserve son propre parlement mais tout commerce devient impossible vu les restrictions imposées par les lois anglaises.
Charles 1er
De 1625-1649 règne de Charles 1er, couronné roi d’Écosse en 1633. Dans l’Écosse du XVIIe siècle, en majorité protestante, Jacques VI essaya d’instaurer une situation similaire à celle de l’Angleterre en rétablissant l’épiscopat.
Ceci impliquait le contrôle du roi sur l’Église, la nomination des évêques relevant de la couronne. Charles 1er, suscita une forte opposition parmi les presbytériens avec la mise en place forcée du Scottish Prayer Book. En février 1638, les signataires du National Covenant (ou Solemn Agreement) s’engageaient à défendre la couronne et la vraie religion, c’est-à-dire le presbytérianisme.
Tout cela causa une guerre civile. Le roi est retrouvé en Écosse et il se fait livrer au Parlement de Londres en janvier 1647. Les vainqueurs se divisent et les niveleurs réclament l’abolition de la monarchie. Le 15 novembre 1647, Charles Ier réussit à s’échapper; mais il est bientôt enlevé (30 novembre 1648), traduit en justice et condamné à mort pour trahison, meurtre et tyrannie. Il est décapité le 30 janvier 1649 devant le palais de White-Hall: il subit le supplice avec dignité.
Charles II
De 1660-1685, règne de Charles II. Il rendit possible la restauration de l’épiscopat en 1661. La mort de Charles II et la perspective d’une nouvelle lignée de monarques ouvertement catholiques, avec l’accession au trône de son frère Jacques VII inspirèrent la rébellion de Monmouth.
La révolution de 1688 et la naissance du Jacobinisme
Jacques VII
En 1672 Jacques VII (Jacques II d'Angleterre) se convertit au catholicisme. Il est proclamé roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande en 1685. Peu intelligent, autoritaire, violent, il fait preuve d'un catholicisme intransigeant et d'une admiration éperdue pour Louis XIV, roi de France. Cette attitude choque vivement les Britanniques et leur parlement.
Rébellion de Monmouth en 1685. Fin décembre 1688, pour diverses raisons d’ordres politiques mais surtout pour sa conversion au catholicisme, Jacques VII s’enfuit et trouve refuge en France. Il fut détrôné par sa fille et en 1689 le parlement offre la couronne à Guillaume d’Orange et à Marie II. Guillaume d'Orange et Marie, son épouse, fille de Jacques VII, reçoivent alors les couronnes d'Angleterre et d'Irlande en février 1689. Peu après, l'Écosse suit cet exemple.
Jacques VII laisse derrière lui en Écosse, surtout dans les Highlands, des fidèles prêts à se soulever pour le rétablir dans ses droits. Lorsque Jacques VII/II se réfugia en Europe, ses partisans furent appelés jacobites (du latin : Jacobus - Jacques). Les clans des Highlands, parmi lesquels de nombreux étaient catholiques comme le roi déposé, étaient considérés comme une source potentielle d'instabilité, un foyer ardent de jacobinisme. (Il ne s'agissait pas seulement d'un mouvement écossais - des nations catholiques telles que
la France
et l'Espagne prenaient part à ce jeu politique au niveau de l'Europe). Les clans furent forcés de prêter serment d'allégeance et la lenteur de réaction d'une branche du clan des Macdonald provoqua le massacre de Glen Coe en 1692.
Les Anglais ne voulait plus de Rois catholiques. Alors en 1701, l’Acte d’établissement, adopté par le parlement britannique, évince définitivement les descendants de Marie Stuart de la couronne et en même temps tout roi favorable au catholicisme. Cet acte réserve la couronne anglaise à un souverain protestant. Il place aussi la maison de Hanovre sur le trône.
En 1707, s'en est fini de l'indépendance de l'Écosse. L'Acte d'Union réunissant l'Angleterre et l'Écosse en créant le Royaume-Uni de Grande-Bretagne est promulgué et le parlement écossais dissout.
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne
(un mélange du drapeau d’Écosse et d’Angleterre)
Dégageons-en seulement les grandes lignes. Les dispositions essentielles sont la fusion des deux royaumes en un seul royaume de Grande-Bretagne, avec nationalité unique et suppression de toutes frontières et barrières douanières intérieures ; la succession du trône du nouveau royaume uni assurée à Sophie de Hanovre et à sa descendance ; l’exclusion à perpétuité de tout candidat catholique au trône ; la suppression du Parlement de Grande-Bretagne, avec représentation écossaise assurée à
la Chambre
des Lords et à
la Chambre
des Communes ; l’unification des monnaies, des impôts et des taxes, moyennant divers aménagements transitoires ; enfin, le maintien de la spécificité écossaise en matière de religion, de justice, d’enseignement et de droit privé. C’est donc la fin de l’Écosse en tant que pays indépendant et le début d’une ère nouvelle pour les deux pays que marque ce texte mémorable.
Les armoiries des souverains
du Royaume-Uni de Grande-Bretagne
Il s'agit d'une composition des blasons d'Angleterre, de France, d'Ecosse et d'Irlande.
La première proposition de fusion entre les deux parlements suscite l’hostilité du peuple, des révoltes éclatent. Toutefois, les dirigeants écossais y voient un moyen d’obtenir l’égalité des droits commerciaux. Pour les Anglais, c’est une garantie que le trône reste aux mains des protestants, alors que les Stuart menacent de rétablir une lignée catholique. L'Écosse est maintenant sous la tutelle de l'Angleterre et en pleine ébullition.
Pensez-vous qu’après autant de tumulte l’Écosse put enfin respirer librement et calmement ? Détrompez-vous, ce n’était qu’une prémisse à ce qui allait se produire.
« Ils passent tout leur temps à guerroyer et quand il n’y a pas de guerre, ils se battent entre eux. »
Pour en savoir plus relativement aux lectures ;
voir onglet Livres de référence
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