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Collaboration spéciale : Céline E. Colgan
LES RÉVOLTES
JACOBITES
Selon une légende, un aristocrate écossais aurait dit un jour :
« Quand je donne des ordres, je les donne en latin ;
quand je philosophe, je le fais en grec ;
quand je fais l’amour, je le fais en français ;
mais lorsque je parle à Dieu,
je m’adresse à lui en gaélique. »
Dans le cours tortueux de l’histoire des Highlands, ce n’est pas la loyauté d’un clan à l’égard d’un monarque, d’une dynastie ou d’un gouvernement qui était en jeu, mais plutôt un système d’alliances et de conflits d’intérêts fluctuants entre des princes et des principautés indépendantes ou semi-indépendantes.
Jacques VI d’Écosse (Jacques 1er d’Angleterre)
Les soulèvements jacobites de 1715 et 1745 pour restaurer les Stuart sur leur trône reflètent le mécontentement des Écossais qui suivit l’Acte d’Union de 1707.
Il est juste de remarquer que, depuis que le roi d’Écosse était devenu roi d’Angleterre en 1603, les deux pays avaient pris l’habitude de cohabiter, même si ce n’avait pas toujours été sans difficulté, et que l’anglicisation de l’Écosse par la langue, le commerce, par les échanges politiques permanents entre Édimbourg et Londres était devenue depuis longtemps un phénomène irréversible. Après le 17e siècle, l’Écosse a fait, bon gré mal gré, l’apprentissage de la coexistence avec l’Angleterre dans un régime équivoque d’union des deux Couronnes, il faut bien admettre que cette fusion ne s’opérera pas sans heurts, sans désillusions et sans combats.
Les intérêts personnels des uns, le mécontentement des autres, la vague d’hostilité accompagnant l’accession au trône d’un Hanovre, les difficultés économiques sont biens des facteurs de troubles. Le mouvement jacobite allait renaître de ses cendres. Dans ce climat, les jacobites (favorables au retour d’un roi Stuart prénommé Jacques, d’où leur nom jacobite), qui connaissent des sympathisants dans toute
la Grande-Bretagne
, vont tenter de gagner à leur cause les opposants au régime d’alors.
L’avènement de l’électeur du Hanovre (nom que les jacobites affectaient de donner au roi Georges 1er) mal reçu en Écosse, parut à ces derniers et à leurs amis de France, l’occasion rêvée de tenter un grand coup.
Toute l’Écosse, n’était pas jacobite pour autant, vous savez. Les gens des Lowlands, dans l’ensemble, restaient réticents voire hostiles au mouvement jacobite. Dans les Highlands plusieurs clans étaient attentistes. Les Campbell, évidemment, restaient fidèles au gouvernement. Même à Édimbourg la bourgeoisie était sceptique ; on ne croyait pas au succès de ces Highlanders aux pieds nus et aux tartans bigarrés.
Jacques VIII d’Écosse ou Jacques III
d’Angleterre (1701-1766)
Roi catholique, héritier à la mort de son père des droits des Stuarts aux trônes anglais, écossais et irlandais, il fut proclamé roi "Jacques III d'Angleterre et d'Irlande et VIII d'Ecosse" le 16 septembre 1701 au château de Saint-Germain-en-Laye où il vit avec sa cour composée principalement d'Ecossais et d'Anglais qui le reconnaissent comme leur souverain. A l'échelle européenne seuls
la France
, l'Espagne, Modène, ainsi que le Saint-Siège le reconnaissent pour roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande.
John Erskine, 11e comte de Mar
Il manquait un chef local à l’insurrection projetée. La maladresse de Georges 1er allait en fournir un. Le 31 juillet 1715, le roi Georges fit subir au comte de Mar un affront public. Mal conseillé par les whigs qui l’avaient installé sur le trône, il disgracia le ministre d’Ètat chargé de l’Écosse, John Erskine, 11e comte de Mar, surnommé John le Fantoche en raison de ses incessants revirements d’opinion, et le remplaça par son ennemi le comte de Montrose, en confiant le commandement militaire en Écosse au jeune duc d’Argyll, whig notoire. Rien ne pouvait irriter davantage les jacobites d’Écosse. À cette même période on destitua plus de deux cent soixante juges soupçonnés d’être liés aux jacobites. La populace était si révoltée contre les whigs et le roi hanovrien que, selon Argyll lui-même, on aurait eu peine à trouver, au nord du Forth, un whig contre neuf jacobites.
Vert= clans neutres en 1689 Orange= clans jacobites en 1689 rose pâle= clans loyaux au gouvernement en 1689
Dunblane
Le lendemain, Mar s’embarquait secrètement sur un bateau charbonnier et, de Newcastle, gagna l’Écosse. Sous prétexte d’une partie de chasse, il réunit les seigneurs jacobites à Breamar et le 9 septembre, il leva l’étendard pour le parti de Jacques III.
Cette insurrection, connue dans l’histoire écossaise comme « le quinze » (the Fifteen), prit des proportions plus considérables que celle de 1689. La seule véritable bataille de la campagne fut celle livrée, le 13 novembre 1715 à Sheriffmuir, dans Ochil Hills, à quelques kilomètres au nord de Dunblane. Les Maclean et les MacDonald occupaient l’aide droite. Pour eux, ce n’était pas seulement l’avenir de telle ou telle dynastie qui était en jeu; ils se battaient à la fois contre leur ennemi héréditaire, les Campbell et pour la survie de leur clan.
La charge des Highlanders
L’infanterie des Hanovre se débanda sous la violence de la charge des Highlanders, mais dans leur ardeur, les hommes des clans de l’aile droite ne remarquèrent pas que leur centre et leur gauche avaient été enfoncés par la cavalerie d’Argyll. Personne ne voulut risquer un deuxième assaut : Argyll se replia sur Dunblane tandis que Mar regagnait Perth.
« Il en est qui disent que nous avons gagné, raconte une ballade contemporaine. D’autres disent qu’ils ont gagné. Et d’autres encore disent que nul n’a gagné. »
Bien qu’indécise sur le plan militaire la bataille de Sheriffmuir fut, après coup, considérée comme une défaite par les jacobites car Argyll, tenant toujours Stirling, bloquait le passage vers l’Angleterre. Plus Mar s’éternisait à Perth plus sa situation se dégradait. N’ayant rien à faire et peu à espérer, ses Highlanders commencèrent à se disperser dans les hauteurs. Entre-temps Argyll reçut des renforts de Hollande. Les forces gouvernementales étaient pratiquement trois fois supérieures à celles de leurs adversaires.
Braemar - Perth et Dundee
Le 22 décembre 1715, le roi Jacques-Édouard débarqua dans l’Aberdeenshire. Le prétendant, surnommé « pauvre M. Mélancolie », n’était pas l’homme de la situation. L’or que lui avaient envoyé les Espagnols avait été perdu en mer, au large de Dundee. Il déclara alors à ses officiers « l’infortune m’est coutumière, puisque ma vie depuis le berceau ne fut qu’une série d’infortunes ». Pareil discours ne risquait pas d’enflammer les cœurs. Un mois passa et fin janvier 1716, Argyll repartait à l’assaut.
De leur côté, les Highlanders de Mar apprirent que leurs chefs avaient l’intention d’abandonner Perth pour se retirer vers le nord. Jacques-Édouard et Mar s’éclipsèrent discrètement et reprirent honteusement le bateau pour
la France. Quand
les Highlanders restants parvinrent à Aberdeen, on leur lut un message de Jacques-Édouard intitulé lettre d’adieu aux Écossais qui leur conseillait de se débrouiller tout seuls.
Après plusieurs tentatives infructueuses (1708, 1715 puis en 1719) pour reprendre sa couronne d'Écosse, il doit s'exiler et trouve refuge à Rome.
Le problème qui continuait toujours à se poser pour le gouvernement concernant l’Écosse était évidemment la survivance des jacobites à la fois sentimental et politique, lié à l’Église épiscopale mais surtout aux clans des Highlands comme l’avait prouvé l’insurrection de 1715. Il était donc primordial aux yeux des whigs de Londres de contrôler les Highlands inaccessibles faute de routes. Parcourir les Highlands était un exploit en soi.
Voici les écrits d’un ingénieur venu d’Angleterre, stupéfait de découvrir ces paysages sauvages ; « Il faut souvent descendre de cheval et grimper à pied dans les rochers…. À certains endroits, le passage est si étroit entre le roc et le précipice qu’on doit se cramponner aux buissons pour ne pas tomber et ramper sur les genoux…En traversant les rivières on est exposé à la force du courant et, si l’on glisse sur une pierre, on est emporté par les tourbillons au péril de sa vie. »
Général George Wade
Le gouvernement confia donc au général George Wade, commandant en chef des troupes royales en Écosse, le soin de faire un essai plus sérieux afin de résoudre les problèmes de la pacification des Highlands en construisant un réseau routier pour pénétrer dans les infranchissables Highlands. Le tout débuta en 1727 et le résultat fut assez impressionnant vu le peu d’expertise de l’époque. Un réseau de près de
250 miles
de routes empierrées et d’innombrables ponts pour desservir le Grand Glen et les casernes de Glenelg et Ruthven dans le Badenoch, et pour relier Inverness à Crieff et Dunkeld. Un obélisque fut élevé près de Inverness avec l’inscription ;
« Toi qui as vu ces lieux avant que la route soit faite
Lèves tes mains au ciel et bénis le général Wade »
Duncan Forbes
Espérant décourager la montée des jacobites, le président Duncan Forbes de Culloden suggéra aux autorités anglaises de tirer davantage parti des qualités militaires innées des Highlanders, en les recrutant pour former plusieurs régiments sous le commandement d’officiers anglais ou écossais « parfaitement loyaux » et encadrés de maîtres et de chefs de clans abolis.
« Si le gouvernement engageait davantage les Highlanders de la façon que je suggère,
écrit-il, non seulement ils pourraient se battre valeureusement contre l’ennemi étranger,
mais ils pourraient nous servir d’otages pour empêcher leurs parents de se révolter, et
je suis convaincu qu’un soulèvement dans les Highlands serait impossible ».
Les conseils de Forbes ne furent que partiellement suivis. Il faudra attendre le début de la guerre de Sept Ans en 1756 pour que William Pitt exécute, sans grand enthousiasme, les idées de Duncan Forbes.
Nouvel espoir pour les Jacobites !
Charles Édouard Stuart
Les jacobites possédaient un nouvel atout : avec le fils aîné de Jacques-Édouard, le prince Charles-Édouard Stuart né à Rome (1720-1788), surnommé Bonnie Prince Charlie (gentil prince Charlie) dans les Highlands. Jeune homme courageux et énergique, il n’attendait que l’occasion de se battre pour faire triompher son bon droit. Des messages circulèrent entre les jacobites d’Écosse et la cour jacobite de Rome.
Charles comprit vite que l’audace seule pouvait payer. C’était seulement ainsi qu’il pourrait convaincre les clans jacobites de se soulever et que les Français lui accorderaient leur soutien. Aussi, avec l’argent obtenu en mettant en gages les rubis de sa mère, il arma une frégate, le Doutelle, et un bateau de ligne, l’Élisabeth, et en juillet 1745, quitta Nantes pour l’Écosse.
À la suite d’un rude combat avec un bateau de guerre anglais, le Lizard, l’Élisabeth subit des avaries et dut faire demi-tour, mais le Doutelle échappa à ses poursuivants et, le 2 août 1745, le prince Charles aborda dans l’île d’Eriskay, dans les Hébrides extérieurs. Il avait avec lui sept partisans, dont William Murray, marquis de Tullibardine et duc d’Atholl depuis 1724.
Tour à Glenfinnan, marquant l’endroit où Charles Édouard Stuart dresse l’étendard de
son père en août 1745, donnant ainsi le signal de l’insurrection jacobite
L’accueil qu’il reçut à son arrivée fut loin d’être enthousiaste, deux des principaux chefs de la côte ouest MacLeod de MacLeod et MacDonald de Sleat, refusèrent tout contact avec lui. MacLeod informa le gouvernement de sa présence. Il mit donc le cap sur Moidart en Écosse, où il fut rejoint par le jeune MacDonald de Clanranald sur la terre duquel il avait débarqué.
Donald Cameron, de la branche cadette des Lochiel, l’adjura de renoncer à son entreprise, en vain. Les Cameron étaient depuis longtemps de fidèles partisans de la maison des Stuart. Lorsque le prince Charles hissa l’étendard royal quelques jours plus tard à Glenfinnan en proclamant roi son père, 700 Cameron et 400 ou 500 MacDonald de Clanranald et Keppoch donnèrent le signal de l’insurrection.
Le prince se mit hardiment en route pour Edimbourg, entraînant d’autres partisans dans son sillage. Bientôt, il compta trois mille hommes de clans de l’Ouest. A Invergarry, Fraser de Gortleg remit au prince un message de soutien de son chef, Lovat qui, bien qu’il ait soutenu les Hanovre en 1715, le pressait à présent de marcher sur Inverness. Dans ce cas, affirmait Lovat, anobli douze ans plus tôt par le roi George mais qui espérait maintenant récupérer un duché jacobite, les Fraser se soulèveraient comme un seul homme. Divers clans comme les MacKenzie, les Grant, MacKintosh, Stewart d’Appin, MacGregor se rallièrent au prince. Le prince fonça droit sur la capitale qu’il atteignit le 16 septembre et s’empara ainsi de la ville.
Sept mille hommes environ sous le commandement de Lord George Murray, duc d’Atholl, Cameron of Lochiel, Stewart of Appin, Fraser, MacIntosh, Maclean, MacLachan, Farquaharson, Stuart, MacDonald, Gordon, Ogilvie, FitzJames, Drummond, Kilmarnock, Keppock, Les Horses Guards, Glen Buchat, Les Irish Pickets ( Irlandais), les régiments Murray d’Atholl.
Maréchal Wade
Avant la fin d’octobre, le prince fut rejoint par le duc William d’Atholl accompagné de six cents hommes de sa région et de quelques mercenaires français placés sous le commandement de James Grant. Malgré ces renforts, Charles ne parvint pas à garder l’initiative et traîna plus d’un mois à Édimbourg, laissant ainsi le temps au gouvernement de George II de rappeler des troupes pour porter secours au Maréchal Wade.
Archibald Campbell 3e duc d’Argyll
Pendant ce temps, dans les Highlands, les clans whigs, surtout les Campbell, rassemblaient également leurs forces. Archibald, troisième duc d’Argyll assura Londres de son soutien total, mettant à sa disposition ses ressources considérables. Le prince ne négligeait pas le pouvoir de son ennemi. En apprenant la venue du prince, les chefs de clans whigs et d’autres sympathisants des Hanovre rassemblèrent leurs forces avec une ardeur très variable.
John Campell
En septembre 1745, John Campbell cherchait à recruter vingt compagnies pour servir dans le régiment qui portait son nom. Il bénéficiait du soutien actif des MacKay, des Munro, du renégat MacLeod de Macleod, MacDonald de Sleat, du duc de Sutherland, Fleming, Conway, London, Price, Wolfe, Barrell, Pulteney, Bligh et plusieurs autres. MacKenzie de Cromartie et Fraser de Lovat étaient également impliqués dans l’effort de recrutement, sans qu’on sache vraiment pour quel camp.
Au cours de l’automne 1745, Charles attendait toujours l’aide française. Du ravitaillement arriva de France ainsi que des fonds, mais point d’hommes. Il ne pouvait plus attendre. Début novembre, il traversa la frontière et marcha sur Londres. Il ne rencontra aucune résistance sérieuse et recruta deux à trois cents Anglais alors que les Highlanders, tenaillés par le mal du pays, se mettaient à déserter. Pour les jacobites, l’avenir s’annonçait sombre. Début décembre, l’armée des Highlands parvint à Derby. Arrivé à deux cents kilomètres de Londres, il n’avait subi aucun revers et le moral des troupes était au beau fixe. A cet instant, seule l’audace pouvait payer, les conseils de prudence n’étaient plus de mise.
Georges Murray
Pourtant ses conseillers, dont Georges Murray le premier, ne prenaient en compte que les risques évidents à aller de l’avant, au grand dam de Charles, il fut décidé qu’ils se retireraient dans les Highlands. Le 20 décembre, il était de retour sur le sol écossais qui ne comportait pas que des sympathisants de la cour jacobite. Mais dans les Highlands, d’autres clans s’étaient déclarés pour le prince, de sorte que ses troupes se remirent à grossir, atteignant huit mille hommes à la fin de l’année. Le 3 janvier 1746, Charles parvint à Stirling avec le gros de ses troupes, il fit le siège du château, affronta les troupes gouvernementales du général Hawley et là encore, la charge des Highlanders mit en déroute l’armée anglaise.
Le 16 février arrivé à une quinzaine de kilomètres d’Inverness, il fut accueilli par la colonelle Anne, lady MacKintosh.
Lady Anne Farquharson-MacKintosh
Colonelle Anne
Le gouvernement avait maintenant rapatrié des Flandres de très nombreuses troupes. Celles-ci, arrivées en Écosse, furent rassemblées à Aberdeen sous le commandement du duc de Cumberland. En avril 1746, Charles, qui occupait Inverness depuis deux mois, apprit que Cumberland avançait sur la ville avec une armée bien entraînée, bien équipée et bien nourrie et deux fois plus nombreuse que la sienne. Devant cette inquiétante perspective, Charles tenta de rallier ses troupes, cinq mille Highlanders affamés, mal équipés, sur la lande glaciale de Culloden. Ils furent rejoints par trois cents Fraser sous les ordres de Charles Fraser d’Inverallochy qui informa le prince qu’un autre contingent de Fraser venant du nord se dirigeait vers Inverness avec le seigneur de Lovat. Mais ces derniers, pas plus que les MacKenzie de Cromartie, interceptés à Sutherland par les Mackay, n’atteignirent le champ de bataille.
Disposition des clans lors de la bataille de Culloden
L’armée de Hanovre – estimation près de 9,000 hommes
Kingston - Cobham - Pulteney - St. Clair - Cholmondeley - Price – Campbell- Munro - Barrell - Wolfe - Argyll Militia - Battereau - The Duke of Cumberland - Howard - Fleming - Ligonier – Bligh - Sempill - Cobham - Kerr - Blakeney -Independant Companies
Les principaux régiments britanniques ainsi que des Lowlanders écossais, un important contingent allemand et le clan highlander le plus important celui des Campbell.
L’armée jacobite – estimation près de 5,000 hommes
Baggot - Kilmarnock - Strathallan - Pitsligo - Elcho - Balmerino - Bonnie Prince Charlie - Fitzjames - Irish Picquets - Scots Royal - Duke of Perth -Glenbucket - Lord Lewis Gordon - Gordon of Avochie - Lord Ogilvie - Glengarry – Keppoch - Clanranald - Chisholm - John Roy Stewart - MacLachlan / MacLean / MacLeod - Farquharson - Clan Chattan - Fraser - Stewarts of Appin / MacLaren -Cameron of Lochiel – Atholl
Elle se composait principalement de Highlanders, de quelques soldats vétérans irlandais et plusieurs centaines de conscrits français. John Drummond de l'armée gouvernementale arriva de France avec de l’artillerie et sept cents mercenaires franco-irlandais, membres des French Royal Scots and Irish Brigades.
L’affrontement
Ce n’était pas la première fois que ces deux armées se rencontrèrent. Elles s’étaient déjà affrontées en 1689 et en 1715. Malheureusement à ces deux reprises les Gaëls ont perdu et à chacun des affrontements, les us et coutumes mouraient toujours un peu plus.
Les Highlanders ne pensaient et ne fonctionnaient pas de la même manière que les Britanniques. Ces hommes défendaient farouchement leur indépendance et personne n’aurait pu leur ravir leur racine guerrière celte. Chaque homme suivait aveuglément son chef de clan mais le chef, lui, n’avait aucune obligation vis-à-vis du commandant de l’armée. Ce dernier détenait un pouvoir limité.
Autre plan de la bataille de Culloden
Le site choisi pour la rencontre, parfait pour une armée régulière, ne se prêtait pas du tout aux tactiques de guérilla des Highlanders. Cumberland arriva le 14 avril et installa son campement à une quinzaine de kilomètres. Dans la nuit du 15 au 16 avril, Georges Murray, qui avec raison n’aimait pas le terrain, tenta une attaque nocturne sur le camp de Cumberland. Ce fut une catastrophe; les Highlanders, qui n’avaient avalé qu’un biscuit la veille, passèrent la moitié de la nuit à errer dans le noir sans trouver l’ennemi, ils rentrèrent au camp et s’affalèrent exténués.
Le combat
La bataille qui se livra le 16 avril 1746, sur la lande désolée et battue des vents de
Culloden, à quelques kilomètres d’Inverness est restée l’une des dates les plus célèbres
de l’histoire de l’Écosse et certainement l’une des plus tristes.
L’armée anglaise
La défaite
Augustus de Cumberland dit le Boucher arrivait avec une armée de 9 000 hommes et une forte artillerie. Au point du jour, il donna ordre à ses soldats bien nourris, bien entraînés et bien reposés d’attaquer. Les malheureux Highlanders furent tirés de leur sommeil par les tambours de l’ennemi battant la charge. Pour sa part, l’armée jacobite, de moitié moins nombreuse, épuisée par la fatigue et la faim, mal commandée, se heurta au feu roulant et aux baïonnettes des hanovriens.
Le duc de Cumberland à Culloden
La bataille fut conclue en moins d’une demi-heure. On suppose qu’entre 1000 à 2000 Highlanders mourront en ce fatidique 16 avril 1746, le nombre exact des victimes ne fut jamais connu. Dès le soir la cavalerie anglaise parcourut le champ achevant les blessés à coups de crosse.
Les fantômes de Culloden
Bonnie prince Charlie se laissa entraîner loin du champ de bataille par un de ses officiers, après avoir observé la déroute de son armée. Lorsqu’il apprit qu’il y avait des bateaux anglais qui patrouillaient à sa recherche, il décida d’aller vers l’île de Skye et de se mettre à la merci de MacLeod de Macleod et d’Alexander MacDonald de Sleat.
En chemin, il rencontra un vieux marin de Skye, sympathisant jacobite qui le conduisit dans les Hébrides extérieures. C’est ainsi que le 27 avril 1746, Charles et ses compagnons débarquèrent à la résidence du vieux MacDonald de Clanranald. Ils repartirent dans le bateau de Donald et se firent passer pour des marchands naufragés en quête d’un bateau pour poursuivre leur route.
Flora MacDonald
Finalement après un dur voyage par terre et par mer, ils arrivèrent sur l’île longue. Il fut décidé, avec l’aide de Lady Clanranald, Flora MacDonald, qu’il devait regagner Skye puis rentrer en Écosse où, peut-être, il pourrait se cacher jusqu’à ce qu’on lui trouve un bateau pour le ramener en France.
Les adieux de Charles Édouard Stuart
à Flora MacDonald
C’est à Portree, île de Skye, une délicieuse petite citée dotée d’un magnifique port naturel que Charles Édouard Stuart fit ses adieux à Flora MacDonald. Il lui rendit la demi-couronne qu’elle lui avait prêtée, lui fit don d’un camée à son effigie et fit le vœu de la retrouver à Saint-James (le palais royal) à Londres. Mais Flora ne devait plus jamais entendre parler de Charles Édouard. Elle parvint à gagner Londres mais elle fut arrêtée et emprisonnée pour avoir aidé le prince dans sa fuite. À sa libération, elle regagna Skye.
La course continuait toujours et c’est ainsi que le prince rencontra ceux qu’on appelait les Sept Hommes de Glenmoriston qui, ayant combattu pour lui, devinrent ses gardes du corps, allant au ravitaillement et l’emmenant d’une cachette à l’autre.
Alors que sa tête était mise à prix
30,000 livres
, le prince erra, cinq mois durant à travers les Western Highlands et les îles, escorté de deux ou trois compagnons et pas un seul de ses Highlanders ne se laissa convaincre de le trahir.
Grâce à la loyauté et à l’ingéniosité de ses amis, il ne fut pas capturé. En septembre 1746, il pu s'échapper et se réfugier en France. Le prince s’embarqua alors dans un exil qui devait durer toute sa vie. Il mourut à Rome quarante-trois (43) ans plus tard.
Bliadnha thearlaich, l’année de Charlie,
comme on dit en gaélique,
était terminée.
Pour en savoir plus relativement aux lectures ;
voir onglet Livres de référence
Céline E. Colgan |